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mardi 26 janvier 2016

GBAGBO-Blé GOUDÉ et CPI la montagne va-t-elle accoucher d´une sourie ?



Le 28 janvier 2016 débutera à la Cour Pénale Internationale (CPI) le procès du Président GBAGBO et du ministre Charles Blé GOUDÉ. Un procès dit historique pour divers raisons parmi lesquelles on ne manquera pas de retenir les fonctions exercées par les prévenus et les charges qui sont retenues contre eux. En effet, Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDÉ ont respectivement occupé les fonctions de Président de la République et de Ministre de la Jeunesse et de l´emploi en Côte d´Ivoire. Selon la CPI, ils auraient individuellement engagé leur responsabilité pénale pour quatre chefs de crimes contre l'humanité, perpétrés à Abidjan, conjointement avec les membres de leur entourage immédiat, et par l'intermédiaire des forces dites pro-Gbagbo, ou à titre subsidiaire, en ordonnant, en sollicitant ou en encourageant la commission de ces crimes, ou à titre subsidiaire, en contribuant de toute autre manière à la commission des crimes suivants: meurtre, viol, autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – la tentative de meurtre et persécution. Ces actes auraient été perpétrés entre le 16 et 19 décembre 2010 pendant et après une marche de partisans d'Alassane Ouattara qui se rendaient au siège de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), le 3 mars 2011 lors d'une manifestation de femmes à Abobo, le 17 mars 2011 par bombardement au mortier d'un secteur densément peuplé d'Abobo, et le 12 avril 2011 ou vers cette date à Yopougon. Si en considérant la gravité des charges retenues, les hautes fonctions occupées par ces deux personnalités au sommet de l´État ivoirien et le désire ardent de justice du peuple ivoirien on arrive à donner au procès du 28 janvier 2016 devant la Cour de Haye la plus haute importance, la considération de la juridiction chargée de le conduire et l´évolution de cette affaire permettent de réduire la considération à y accorder.
D´abord il faut dire que la juridiction qui est chargée de juger cette affaire ne rassure pas ou du moins son impartialité semble sujette à caution. En effet, pour rappel, Statut de Rome qui institue la CPI permet par son article 16 au Conseil de Sécurité de l´ONU, qui est un conglomérat d´États dont la France, d´intervenir dans l´activité judiciaire de la Cour. Cette immixtion peut être de nature à compromettre l´indépendance de la CPI. Dans le cas de l´affaire qui nous intéresse, ce pouvoir qu´à ce fameux Conseil de Sécurité de l´ONU sur la CPI est d´autant plus inquiétant que la crise poste électorale qui est à l´origine des violations graves des droits de l´homme reprochées au Président GBAGBO et au ministre Blé GOUDÉ est largement à mettre à l´actif de M. Young JIN-CHOI qui était le représentant spécial du secrétaire général de l´ONU en Côte d´Ivoire à l´époque des faits. Ce Monsieur à qui il revenait de certifier le processus électoral avait outrepassé ses compétences en allant jusqu´à proclamer en lieu et place du Conseil Constitutionnel le résultat définitif du second tour de l´élection présidentielle du 30 novembre 2010 en donnant M. OUATTARA Dramane Alassane vainqueur. Bien que n´ayant pas été suivi par le Conseil Constitutionnel qui lui a proclamé M. Laurent GBAGBO vainqueur des élections, le sieur CHOI s´est obstiné dans l´exercice de prérogatives dont il ne disposait pas. Il bénéficiait en cela du soutien que lui apportait le président français d´alors, M. Nicolas Sarkozy qui ne manquait aucune occasion de mépriser le Conseil Constitutionnel Ivoirien en faisant du dégommage du Président GBAGBO de la présidence de la République de Côte d´Ivoire son cheval de batail. La conséquence de cet acharnement on la connait. Ce sont les massacres de plusieurs milliers de civils piégés par les violents affrontements entre l´armée ivoirienne et la coalition constituée par les soldats de l´opération des nations unies, les soldats français de l´opération licorne et les bandes armées qui soutenaient M. Ouattara Dramane Alassane depuis le coup d´état manqué du 19 septembre 2002. C´est de ces massacres qui auraient donc pu avoir pour auteurs aussi bien les soldats de l´ONU, les soldats français, les bandes armée de M. Ouattara ou que l´armée ivoirienne que le Président GBAGBO et le ministre Blé GOUDÉ doivent répondre devant une CPI engluée dans des relations claires obscures avec un Conseil de Sécurité de l´ONU dans lequel la France est membre permanent.
Ces accointances entre la CPI et des protagonistes de premiers plan de la guerre en Côte d´Ivoire sont d´autant plus préoccupantes que le procès dans ce contexte s´apparent plutôt à un règlement de compte des vainqueurs sur les vaincus. Si non comment la CPI peut-elle prétendre à l´impartialité et à l´indépendance dans une affaire qui éclabousse ces donneurs d´ordre ? Comment s´assurer que le droit ne sera pas sacrifié sur l´hôtel des intérêts qui ont conduit l´ONU, organisation chargée du maintien de la paix dans le monde à entrer en guerre contre le président GBAGBO dont la victoire a été proclamée conformément à la Constitution ivoirienne.
Au delà d´être discrédité par son arrimage à l´ONU, la CPI ne rassure pas dans son mode de fonctionnement qui la met à la remorque de la volonté des dirigeants politiques. Il faut rappeler que la CPI en tant que juridiction internationale siège à la Haye au Pays Bas. Elle ne relève pas d´un ordre juridique étatique et n´a donc pas de territoire propre. De ce fait, lorsqu´un prévenu sollicite une liberté provisoire ou conditionnelle, celle ci ne peut être envisageable que dans la mesure où un État accepte de l´accueillir sur son territoire. La question est donc de savoir si une juridiction qui est incapable d´accorder une liberté provisoire ou conditionnelle sans l´aval du politique peut accorder une liberté définitive sans s´en référer à ce même politique? La question mérite réflexion dans la mesure où il s´agit d´une pesanteur qui peut influencer gravement l´issue des affaires qui sont portées devant cette juridiction. Dans le cas qui nous intéresse il ne s´agit pas de présager de l´issue du procès mais de seulement faire remarquer que l´éventuel acquittement des prévenus peut donc être conditionné par l´acceptation de leur retour en Côte d´Ivoire par le régime actuel. Or, la traque sans relâche des pro-Gbagbo au quotidien par le pouvoir d´Abidjan ne laisse pas de doute sur l´éventuel refus qu´il pourrait opposer à une sollicitation allant dans le sens du retour en Côte d´Ivoire du président GBAGBO et du ministre Blé GOUDÉ.
Pour ce qui est de l´affaire en elle même, le moins que l´on puisse dire est que la CPI s´est illustrée par des positions juridiquement critiquables. D´abord, c´est par un raisonnement très peu juridique que la juridiction de la Haye a reconnu sa compétence dans cette affaire. En effet, la Côte d´Ivoire, il faut le souligner avec force n´avait pas ratifié le Statut de Rome qui institue la CPI au moment de l´extradition du Président GBAGBO. Cette absence de ratification rendait la CPI incompétente pour le juger. Mais c´est en s´appuyant sur une lettre du président GBAGBO de 2003 et une autre de M. Ouattara datée de 2011 et par lesquelles ces deux personnalités acceptent sa compétence que la CPI s´est saisie du dossier. Au-delà des nombreuses interrogations que cette curieuse façon de fonder sa compétence dans un État sur un échange de lettre, il faut dire que ces fameuses lettres d´acceptation de la compétence de la CPI  ne peuvent aucunement servir de fondement juridique à l´extradition de M. GBAGBO ; dans la mesure où les engagements de ces deux personnalités de premier plan en Côte d´Ivoire ne sont pas au dessus de la légalité constitutionnelle ivoirienne. Or la Constitution ivoirienne conditionne l´entrée en vigueur des traités signés par le Président de la République à une ratification de l´Assemblée Nationale et non sur de banales lettres d´acceptation de compétence de qui que ce soit d´autre.
Ensuite, la CPI semble être une juridiction pénale aux méthodes assez curieuses. En effet, l´orthodoxie du procès pénal commande qu´une procédure soit engagée contre un individu lorsqu´il existe de sérieuses raisons de le suspecter d´avoir commis une ou plusieurs infractions. Dans cette logique, il est important que le procureur dispose d´éléments de preuves suffisants pouvant non seulement lui permettre de demander la tenue d´un procès mais surtout de demander que le suspect soit privé de sa liberté afin de le tenir à la disposition de la justice. Or, dans l´affaire Laurent GBAGBO contre le procureur de la CPI, il semble que M. GBAGBO ait été placé en détention avant que ne soient recherchée l´infraction qui pourrait lui être reprochée et les preuves pouvant établir sa culpabilité. D´ailleurs on se souvient qu´au cours de la première audience de confirmation des charges, l´un des juges notamment le juge allemand avait proposé des charges éventuelles vu que celles avancées par le bureau du procureur étaient difficiles à étayer. De plus à l´issue de cette audience de confirmation des charges, les juges avaient majoritairement convenu de la faiblesse des éléments de preuves rapportés par le procureur pour étayer ses accusations. Sauf que contre toute attente, la Cour a décidé de maintenir M. GBAGBO dans les liens de la détention. Autrement dit, la Cour n´a rien à reprocher à M. GBAGBO mais elle le garde en prison, envers et contre tout, en espérant qu´avec un peu de chance, quelque chose finit par être trouvé. Cette curieuse méthode qui ressemble à de l´acharnement pose la question de savoir si une juridiction pénale qui s´obstine à privé de liberté un prévenu contre qui elle n´a retenu aucune charge pourra veiller à ce que le doute profite à ce même prévenu? Pas si sur.
Enfin, la dernière question que l´on pourrait se pose est celle de savoir si le but réel de la CPI est de rendre justice à l´ensemble des victimes de la crise ? Cette question mérite d´être posée car les différents mandats d´arrêts qu´elle a émis à jour permettent d´en douter sérieusement. En effet, au-delà du Président GBAGBO et du ministre Blé GOUDÉ, seule Simon GBAGBO l´épouse du président GBAGBO est visée par un mandat d´arrêt. Les auteurs des barbaries orchestrées dans l´ouest ne font pas encore l´objet d´un début de poursuite. Il semble inexistant aux yeux du procureur de la CPI alors qu´ils ont été datés, répertoriés et attribués au camp Ouattara par toutes les organisations des droits de l´homme en Côte d´Ivoire. De plus la commission dialogue vérité et réconciliation mise en place par le régime d´Abidjan a attribué un peu plus du tiers des trois milles morts qu´aurait fais la crise selon les décomptes des organisations internationales au camp OUATTARA. C´est donc dire que l´acharnement malheureux de la CPI contre le seul camp GBAGBO révèle son parti pris et rend fondamentalement injuste son action.
Au terme de cette réflexion, on peut être d´avis que la crédibilité de la CPI étant lourdement entamée, s´il n´ya pas quelque chose à attendre de ce procès sur lequel le politique semble avoir pris le pas sur le juridique, ce serait que la Cour Pénal Internationale se résolve à passer la main à une juridiction plus crédible pour dire le droit même si le ciel doit s´écrouler.

Dieu bénisse la Côte d´Ivoire et à l´Afrique.

mardi 22 juillet 2014

Election présidentielle 2015: quelle crédibilité pour le Conseil Constitutionnel?

Le Conseil Constitutionnel est une institution bien intégrée au paysage institutionnel de divers États dont notre pays la Côte d´Ivoire. Ses attributions peuvent connaitre de modestes variations d´un État à un autre mais restent substantiellement les mêmes. En Côte d´Ivoire, si l´on écarte le rôle d´organe consultatif qu´il joue dans certaines conditions, les missions du Conseil Constitutionnel peuvent se résumer à deux fonctions principales d´une part la fonction de juge de la constitutionnalité des LOIS que lui confère l´article 88 de la Constitution et d´autre part celle de juge du contentieux électoral en ce qui concerne les élections présidentielles et législatives mais aussi en ce qui concerne la régularité des opérations de Référendum selon l´article 94 de la même Constitution. En tant que juge de la constitutionnalité des LOIS, le conseil vérifie la conformité des LOIS à Constitution soit avant leur entrée en vigueur : c´est le contrôle à priori ; soit après leur entrée en vigueur, dans le cadre d´une question prioritaire de constitutionnalité conformément à l´article 96 de la Constitution: c´est le contrôle à postériori. Toujours dans le cadre de cette même mission de juge de la constitutionnalité des LOIS, le conseil peut être emmené à se prononcer au terme des dispositions de l´article 95 de la Constitution sur la conformité à la Constitution des traités et accords internationaux. Mais en tant que juge électoral, le Conseil peut être saisi en cas des contestations relatives à la régularité du scrutin comme l´a fait le candidat GBAGBO Laurent lors des dernières élections présidentielles ou comme cela a été observé lors des dernières élections législatives dans divers départements. Il incombe aussi au Conseil Constitutionnel en tant que juge électoral de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles après avoir vidé les éventuelles contestations comme cela a été le cas aux dernières élections présidentielles. De ces deux missions, celle de juge des élections est celle dans laquelle l´autorité du Conseil a été fortement mis à mal au point où cette grande Institution a été vidé de toute crédibilité et ses fondements constitutionnels lourdement bafoués. En principe les décisions que rend Conseil Constitutionnel, aussi bien en tant que juge de la constitutionnalité des LOIS que juge électoral, ont autorité absolu de la chose jugée et s´imposent erga omnes. C´est à dire qu´elles ne peuvent faire l´objet d´aucun recours et s´imposent à toutes et à tous au sein de l´État. D´ailleurs deux articles de la Constitution illustrent parfaitement ces principes fondamentaux du fonctionnement du Conseil Constitutionnel. Par exemple selon l´article 98 de la Constitution de la Côte d´Ivoire : «les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d´aucun recours. Elles s´imposent aux pouvoirs publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale». Malgré cette excellente qualité rédactionnelle qui ne laisse planer l´ombre d´aucun doute sur la portée des décisions de cette grande Institution, l´actuel chef de l´État alors qu´il était opposé au second tour des élections présidentielles de 2010 au chef de l´État sortant s´est engagé et ce avec le soutien de nombreux États dit de droit et membres très influents de la communauté dite internationale dans un tour de force avec le Conseil Constitutionnel pour imposer à cette Institution de le déclarer vainqueur desdites élections au mépris des résultats définitifs qu´elle avait déjà proclamé, qui le donnaient perdant et sur la base desquelles son adversaire déclaré élu avait été investi. Avec la puissance de feu de la France dont le chef de l´État d´alors avait pris la tête de l´opposition au Conseil Constitutionnel de l´État souverain de la Côte d´Ivoire et de l´organisation des nations unies, il parvient à capturer le président de la République reconnu par le Conseil Constitutionnel et à s´imposer comme président aux ivoiriens. Il se fera à son tour investi sous la force des armes par le même Conseil Constitutionnel qui quelques trois mois plutôt avait investi son adversaire. En claire, l´actuel homme fort d´Abidjan c´est opposé par la voie des armes à une décision du Conseil sensée être insusceptible d´aucun recours et a fini par contraindre le Conseil à revenir sur une décision réputée forte de l´autorité de la chose jugée. Par ailleurs, il faut rappeler que l´impartialité du Conseil avait été remise en cause et sa crédibilité à rude épreuve à travers une campagne médiatique qui rappelait les liens étroits entre le président de la République de l´époque et le Président du Conseil Constitutionnel. En effet, il a été d´abord allégué que le Président du Conseil Constitutionnel serait un cousin du Président de la République avant que cela ne soit abandonné au profit d´une thèse plus défendable selon laquelle le président du Conseil Constitutionnel avant sa nomination siégeait à l´Assemblée Nationale en tant que député FPI, parti fondé par le Président de la République ce qui créerait un énorme conflit d´intérêt. Le Président du Conseil Constitutionnel selon cette campagne médiatique était donc juge et partie et la décision rendu par le Conseil et qui proclamait le Président sortant vainqueur était inacceptable. Bref en 2010 le Conseil Constitutionnel a été vilipendé. Son rôle d´arbitre des élections lui a été dénié et la force des armes a primé sur la force de la loi. À un peu plus d´un an des élections présidentiels de 2015, une question mérite réponse. À savoir quel arbitre pour les prochaines élections présidentielles ? Cette question mérite d´être posée car bon nombre de raison militent autant du point de vue de la légalité que de la légitimité à la disqualification du Conseil Constitutionnel pour arbitrer les prochaines consultations électorales. D´abord, la légalité de l´actuel Conseil Constitutionnel est très douteuse. En effet, l´article 90 de la Constitution prévoit la nomination du président du Conseil Constitutionnel par le président de la République pour une durée de six. En revanche, aucun pouvoir de révocation du Président du Conseil Constitutionnel par le Président de la République n´est prévu. La fin des fonctions du Président du Conseil Constitutionnel devra intervenir à la fin de son mandat qui est de six années. D´ailleurs le même article 90 prévoit que ce mandat est non renouvelable. Par ailleurs l´impossibilité pour le Président de la République de révoquer le Président du Conseil Constitutionnel découle aussi de l´esprit de la Constitution qui entend garantir son indépendance au Conseil Constitutionnel. Or après avoir été investi par le Conseil Constitutionnel dans des conditions juridiquement très contestables, l´actuel chef de l´État a mis fin aux fonctions du Président du Conseil Constitutionnel. On se demande bien sur quel fondement légal repose cette décision ? Le Conseil Constitutionnel actuel, version Vangah Wodié semble donc, de ce point de vue illégal. Ensuite pour ce qui est de la légitimité, les mêmes faiblesses qui avaient servies de fondement aux contestations quant à l´impartialité du Conseil Constitutionnel présidé à l´époque par le Professeur Yao Paul N´Dré subsistent dans l´actuel Conseil Constitutionnel présidé par le Professeur Francis Vangah Wodié. En effet, il avait été reproché au Professeur Yao Paul N´Dré d´être un proche du Président de la République à son époque or le Professeur Francis Vangah Wodié est lui aussi un proche de l´actuel Chef de l´État. D´ailleurs, après le premier tour des élections présidentielles de 2010, le Professeur Francis Vangah Wodié a ouvertement soutenu l´actuel Chef de l´État au second tour allant jusqu´à créer une situation confuse à la tête de son parti car après sa débâcle électoral, il avait décidé de quitter la tête de son parti mais quant le partu décide de soutenir l´adversaire de l´actuel Chef de l´État le Professeur Wodié réapparait en violaltion des textes de son parti dans les attributs de président qu´il avait volontairement et engage le bras de fer avec la nouvelle direction pour lui imposer de soutenir l´actuel Chef de l´État. La suite, on la connait, le Professeur Wodié avait arrimé son parti au RHDP dont l´actuel Chef de l´État est un mentor. N´est pas pour cela pour cela qu´il a été récompensé par une nomination à la tête du Conseil Constitutionnel ? Rien n´est moins sur. Enfin, la légitimité d´une Institution se mesure aussi par son encrage dans l´histoire et l´adhésion qu´elle suscite. Or le Conseil Constitutionnel est une Institution relativement jeune et mal connu des ivoiriens. Jusqu´à présent, il n´a abrité qu´une seule élection présidentielle dont le résultat reste à ce jour énigmatique. Dans sa version Vangah Wodié, il n´a arbitré que des élections auxquelles seuls les candidats RHDP ont participé. Mais déjà, les suspicions se font entendre quant à la crédibilité de ce Conseil Constitutionnel peut rassurant dirigé par un proche du Chef de l´État à un moment où la composition de la CEI favorable à l´actuel homme fort d´Abidjan est sujette à critique et la loi remaniant la CEI a été déférée au Conseil. Il faut remarquer que cette saisine du Conseil Constitutionnel est l´œuvre de député RHDP puisque seule cette formation siège à l´Assemblé Nationale. Donc si doutes il ya, ils ne peuvent qu´émaner du RDPH. De plus il faut ajouter à tout cela la méfiance des pro-Gbagbo par rapport à ce Conseil Constitutionnel. En effet l´ex Chef de l´État est d´après la Constitution membre ad vitam aeternam du Conseil Constitutionnel. De ce fait il jouit de l´immunité or il a été déporté à la Haye pour être jugé dans des conditions juridiquement critiquables sans que le Conseil dont il est en principe membre ne s´en inquiète. Quel adhésion peut donc susciter un Conseil Constitutionnel qui ne rassure ni son propre camp ni l´opposition ? On ne le dira jamais assez, le mêmes causes produisent les mêmes. Le Conseil Constitutionnel actuel n´inspire aucune confiance au regard de sa légalité douteuse et de sa légitimité fort contestable. Le laisser arbitrer les élections présidentielles de 2015 ; si élections il y en a; risque de constituer le piège de ce rendez-vous car des doutes subsisteront toujours sur la recevabilité de certaines candidatures et l´irrecevabilité de d´autres mais mieux le vainqueur qu´il désignera sera en quête perpétuelle de légitimité vu que les résultats des élections de 2010 restent inconnus et que c´est par la force et donc illégalement que les dirigeants actuels s´arrogent les prérogatives de puissance publique.

 Bondé Christian GNOHON

Juriste

dimanche 29 décembre 2013

Devoir de mémoire

Sankara en son temps disait: "le soleil ne se couche jamais, c´est l´homme qui s´éloigne de la lumière". A travers nos actes nous pouvons chacun, nous rapprocher de la lumiére voire même y rester ou nous en éloigner carrement. Que dire au regard des douloureux évènements qui continuent d´attrister mon peuple? Que penser des souffrances atroces de ma terre d´éburnie? Ma patrie se meurt-elle ou est ce le prix à payer pour bâtir cette terre d´espérance que nous proclamons depuis 1960? Sommes nous en train de connaitre à notre tour les grandes douleurs qui forgent à jamais le destin des grandes nations? J´ose croire que le meilleur est à venir même si les bandes armées qui sémaient ruine et désolation hier, aujourd´hui par la force de leurs armes et le soutien de la communauté dite internationale sont détenteurs de l´autorité de l´État après huit années de guerre,d´affrontements sanglants, d´attaques mulitiples s´emploient à nous enlever cette espérance légitime. Après toutes ces attaques de tous genres contre la quiétude d´un peuple qui se veut libre dans le choix de ces dirigeants, après huit ans de destructions de tous genres, de villes incendiées, de villages rasés de la cartes de la Côte d´Ivoire. Aprés toutes ces années de pillages, de vols, de viols, de femmes enceintes éventrées, d´enfants brulés vifs, de pères de familles égorgés sous les regards tromatisé de leurs enfants, qu´observe-t-on depuis un peu plus de deux ans de pouvoir ouattariste? Mis à part le rattrapage ethnique, le délit de patronimie, l´incompétence notoire de la conglomération de rébelles baptisée FRCI. Quoi d´autre à part les arrestations arbitraires, à part les forces francaises et onusienne qui se substituent à l´armée nationale systématiquement démantélée, à part des ivoiriens contraints à l´exil et l´ouest repeuplé de burkinabé? Que nous proposent-ils d´autre que la justice des vainqueurs? Rien. On peut donc se demander: Alors tout ca pour ca? Peut être qu´au fond s´il ne nous restait rien ce serait mieux mais hélas il nous reste moins que rien. Il nous reste un État tribal assiégé et lourdement endetté. Malheureusement ce sera ca notre point de départ pour bâtir notre terre d´espérance et de prospérité fiers Ivoiriens. Si l´Europe à pu se relever des ruines des deux guerres Mondiales, si l´Afrique du sud a pu survivre á l´apartheid pour devenir une nation arc-en-ciel, nous aussi nous le pouvons car c´est du déspoir le plus profond que nait l´espoir le plus investi. Ce sera notre fardeau et nous le porterons courageusement avec détermination, unis quand les plus illustres des notres auront recouvré la liberté qui leur est privé en violation de tout principe élémentaire de droit. Il est certain, le président Gbagbo sera libre, Simone Gbagbo le sera aussi. Tous sortiront des goulags du nord et traceront les sillons de notre lendemain. J´en suis certain, le capitaine courage des patriotes, le petit coq têtu, j´allais dire le général de la rue Charles Blé Goudé vaincra les goulags pour proner davantage le panafricanisme, l´égalité des peuples et continuer sa mission d´éveil des consciences qui lui a valu l´interdiction de sortir de la Côte d´Ivoire par l´ONU, ce "manchin" selon De Gaulle, qui lui a même dénié son droit le plus élémentaire: celui de la liberté d´expression en sanction son deuxième livre: d´un stade à un autre. Aprés l´exil forcé, la détention arbitraire dans des endroits tenus sécret pour mieux le torturer, Charles Blé Goudé libre continuera sa mission d´éveil des consciences pour occuper séreinement la place que lui reserve la roue de l´histoire dans la construction de notre nation. S´il est vrai que le soleil ne se couche jamais, alors qu´il éclaire toutes ces femmes et ces hommes de valeurs qui souffrent dans un silence assourdissant dans les goulags du nord en cette fin d´année. Qu´il éclaire le chemein de notre lutte pour nous affranchir de la dictature rampante d´un régime réactionnaire, impopulaire, anti-développement porté à bout de canon par une France nostalgique de l´ère coloniale. Que la lumière du soleil qu ne se couche jamais éclaire nos souvenirs afin que nous gardons fidèles en nous la mémoires de ces moments troubles de l´histoire de la Nation que nous bâtissons. Une Côte d´Ivoire souveraine c´est possible. J´y crois.